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3 questions à Pascal Dupas, animateur de la coordination santé action sociale Rhône Alpes

mardi 11 octobre 2016
Par Karine Guichard

Pour préparer la première conférence régionale commune Auvergne-Rhône-Alpes des 8 et 9 décembre, plusieurs points de vue de militants du territoire sur le rôle et la place du comité régional....

Pour toi et ton activité, quelle utilité de la CGT en région ?

Les réformes successives de ces dernières années, qu’elles soient structurelles ou professionnelles ont fait de la région un échelon incontournable dans l’organisation de la vie de la cité et de l’entreprise. Cet échelon est de nature administratif mais aussi politique. C’est à ce niveau que se définissent de manière exponentielle les politiques publiques mais aussi économiques et industrielles (grands projets). C’est un niveau de structuration et de décision pour la population et les salariés et devient un lieu de « dialogue social ». Si notre profession est organisée au niveau départementale et professionnelle le comité régional permet de travailler notre cohérence et notre cohésion revendicative sur un sujet de société comme celui de la santé et de l’accompagnement social qui n’est pas la seule propriété des professionnels de ces secteurs.

Le comité régional est un lieu qui permet de se rencontrer et de se connaitre entre responsables d’UD et de professions. Construire des réseaux solides ça aide en la période. Nous partageons, pour ensuite analyser, ce qui nous est commun dans l’application des mesures libérales qui nous touchent tous et à tous les niveaux...
Cette analyse nous permet de construire ou d’affiner des revendications territoriales communes sur des grands sujets comme l’énergie, la santé, le développement industriel, l’éducation, la recherche, l’aide à la personne…

Le travail sur ces revendication est bien sûr en adéquation avec les fiches revendicatives confédérales mais il contribue aussi à les faire évoluer. En ce qui me concerne cette démarche s’appuyant en permanence sur ce qui remonte de nos syndicats correspond aussi à un véritable enrichissement personnel, humain et politique.

Qu’attends-tu de la Conférence Régionale ?

Contraintes et forcées nos deux régions se voient dans l’obligation de travailler ensemble. La conférence régionale est pour moi l’occasion d’apprendre à se connaitre humainement, culturellement, professionnellement, syndicalement……

J’espère qu’elle sera le point de départ à la mise en place d’une organisation démocratique qui soit la plus adaptée pour notre CGT et les salariés de nos douze départements sachant que nous partageons déjà le fait que ce vaste territoire n’est plus à l’échelle humaine et occulte les réalités géographiques. Parmi les nombreux dossiers auxquels nous allons devoir nous atteler nous avons peut-être à définir deux ou trois axes revendicatifs prioritaires communs sur lesquels nous consacrerons une énergie équilibrée en rapport avec les forces que nous avons à notre disposition.

Nous avons aussi à travailler notre rapport à l’institutionnel conscients que les pouvoirs publics font tout pour transformer notre syndicalisme de terrain et de proximité en syndicalisme de représentation de plus en plus éloigné des salariés.
Comme toute construction nouvelle, les fondations sont toujours très importantes pour garantir la durée dans le temps.

Quelles devraient être les priorités pour toi de l’action régionale ?

Travailler rapidement à la construction de ces fondations ne peut se faire sans une approche partagée concernant l’évolution présente et à venir qui percute le périmètre d’intervention des structures de la CGT.

Les diverses réformes de ces dernières années modifient fortement le périmètre d’intervention de nos syndicats, nos Union Locales, nos Unions départementales jusqu’aux structures régionales.

Coté syndicat et fédérations dans de nombreux secteurs les services et établissements prennent une dimension territoriale tout en mixant des salariés issus d’horizons différents. Coté UD de nombreuses mesures économiques et administratives occultent la notion de département la redéfinition des territoires de proximité ne correspond aux territoires qui ont été à l’origine de nos UL….

Si nous avons à inventer une nouvelle organisation pour notre la région Auvergne Rhône Alpes je pense que nous ne pouvons pas nous contenter de nous appuyer sur la seule structuration qui a fait la CGT d’aujourd’hui. Mon expérience dans la santé, conjointe avec celle de l’UD de l’Isère m’amène à remarquer que de nombreuses professions s’éloignent de l’activité syndicale interprofessionnelle. Nous devons donc faire un état des lieux et diagnostic sur ce que ces réformes vont modifier sur notre organisation professionnelle et territoriale, l’anticiper et l’intégrer à notre réflexion. La CGT région a certainement un rôle à jouer dans ce domaine.